30.12.2008

Geekitude ou nerditude ? Futur contre pouvoir politique et social ?

Il y a 10 ans être un nerd était une valeur, être un geek revenait à être un newbie. Que de mots barbares n’est-ce pas ?

Mais voila, la déferlante de jeunes adolescents sur le net suite à la bonté du père noël a modifié en profondeur les valeurs de la toile. Un newbie est un crétin de 12 ans ne connaissant rien à un jeu et encore moins à son optimisation et un nerd… ben ça doit être le cousin du nerf non ? Non sans rire, à part la culture underground et les vieux (ceux connaissant Ricchie Cunningham) qui se souvient et utilise encore ce mot ?

Maintenant les gens in, les surfeurs pro, ceux qui « maîtrisent » le fonctionnement (et non les subtilités hardware de la machine) sont des geeks. Bon soit, ce n’est pas reluisant. Le geek comme son ancêtre le nerd ressemble à Murray Bozinsky dans Riptide (oui je ne parle qu’aux vieux aujourd’hui ou à ceux partageant la même culture télévisée ;)), passe son temps sur son pc, est fan de jeux vidéo, de films nazes et de pizzas (la compagne idéale des jeux et des films). Bien sur il connaît les comics et adorent les figurines…

Mais le geek n’est pas qu’une minorité masculine, ni un marasme d’inculture. Le geek est un groupuscule des deux sexes adepte de mmorpg et jeux online, de fantasy et / ou de SF et de gadgets vitaux (tel le lapin usb…), de rock et de musique parfois space, de découvertes scientifiques et/ou technologiques, mais aussi de films cultes (tel V pour Vendetta) dont il saisit le sens second et le niveau idéologique même si ça ne parle à priori pour les néophytes que de supers héros…

En clair le geek passe pour un rêveur fuyant le monde à travers des réalités virtuelles (notez que ça devient marketing : voir pub pour Hugo Boss : « Pourquoi se contenter de la réalité quand on peut en réinventer d’autres » le slogan) alors qu’il est en fait le dernier utopiste de notre société de consommation. Les mondes qu’ils fréquentent lui offrent des valeurs disparues, lui procurent des rapports affectifs et sociaux (pas seulement factices) et développent ses sens social, civique et moral.

En grandissant, il a acquis et acquiert un recul que bien des gens n’ont plus ou pas à l’heure actuelle. Et la contre culture qu’il s’est forgée lui apporte un esprit critique, en voie d’extinction dans notre société. Finalement n’était-ce pas là l’un des buts fondamentaux de l’éducation ? Développer des esprits libres et critiques ? Enfin dans l’idéologie plus qu’en pratique. A présent on forme des consommateurs bêtas ne remettant pas en cause les valeurs de la république bananière. Ah elle est belle l’éducation des masses !

Enfin, c’est peut-être parti pris, utopiste et tout ce que vous voudrez. Je cherche peut-être partout l’esprit de la révolte. Mais bon, en bonne geekette, je ne pouvais pas faire autrement.

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